CRISE DE LA QUARANTAINE : COMMENT BIEN LA VIVRE
Depuis des mois, je vous parle de suradaptation, de « ras-le-bol de ce job », de transition de vie, de changements, de bilans, de vous réapproprier votre vie et votre carrière…
En fait, tous ces sujets gravitent autour d’un même phénomène.

L’âge moyen de mes clients tourne autour de la quarantaine… tout comme moi. Il paraît qu’on attire les clients qui nous ressemblent!
Et depuis le début de l’année, une phrase revient souvent en séance : « J’approche des (ou je viens d’avoir) 40 ans, ça doit être pour ça que je me pose toutes ces questions et que j’ai envie de tout envoyer bouler ».
Ces 40 ans qui, de mon côté, me paraissaient si loin, auxquels je ne pensais jamais, jusqu’à ce que j’en entende l’écho à partir de ma 38e bougie!
Je suis sûrement la cible d’algorithmes et de pubs internet qui se sont chargé de me les mettre en tête. Peut-être aussi qu’avant, à 37 ans, on est proche des 35, donc on a encore l’esprit bien ancré dans « la trentaine ». Rien de scientifique ni de mathématique dedans : c’est juste un ressenti.
Bref, j’étais bien dans ma trentaine, et petit à petit une saturation et une grosse envie de changement. Et le sujet revient aussi chez mes clients, dans mes accompagnements de coaching et mes bilans de compétences.
Alors, crise de la quarantaine en vue?
Ce qui déclenche cette transition
Plusieurs facteurs peuvent déclencher cette crise, et souvent c’est leur accumulation qui fait déclic :
- Le corps : il change, on le voit dans le miroir, on le sent dans ses vêtements. Que ce soit le tour de taille, la peau, les cheveux, les mains… Et puis on a davantage de rdv médicaux, de douleurs chroniques, d’intolérances alimentaires… Bref, c’est la fête quoi!
- La maladie et la mort : d’un côté, on commence à voir partir les anciens de la famille, ou on y pense de plus en plus, et de l’autre on voit la maladie frapper à présent des gens de notre âge, on perd des amis.
- La parentalité : si certains deviennent parents, d’autres voient leurs enfants devenir de plus en plus indépendants, d’autres encore, notamment femmes, commencent à envisager le deuil de l’enfant qui n’est pas venu jusqu’à présent.
- Le couple : il est installé depuis des années, une routine a fait son nid, et certains comportements qu’on tolérait commencent à nous étouffer. Et comme notre quotidien (avec ou sans les enfants) change, et notre corps aussi, on peut avoir de nouveaux élans, l’envie de se sentir désiré de nouveau.
- Le travail : on fait notre métier depuis des années, on commence à saturer de tous ses inconvénients, on s’est lassé de ce qui nous excitait dans les premières années. Et comme on est un senior, les exigences deviennent plus fortes, on nous donne plus de responsabilités. Parfois ça devient donc la charge sans le fun.
- Le regard des jeunes : on entend les 10-20 ans parler des gens de notre âge, de nos discours, de nos convictions, de notre style vestimentaire, et le terme « vieux » surgit dans leur bouche. A un moment donné, on se rend compte que les jeunes, maintenant, c’est eux. Et qu’ils nous voient comme des papis démodés (à tort hein, on est d’accord!! Non mais).
Et tout ceci, mes amis, c’est un cocktail gagnant pour une jolie remise en question de sa vie!
Alors c’est quoi, la « crise de la quarantaine »?
C’est un psychanalyste canadien qui a théorisé ce phénomène dans les années 60 : Elliott Jaques.
Il s’agit d’une rupture, d’une phase de vie, celle où l’on réalise notre mortalité. Une phase de remise en question et d’envie de changements, accompagnées ou non de déprime.
Statistiquement on en est au milieu de sa vie. On regarde le chemin parcouru, là où on est arrivé par rapport à nos idéaux de jeunesse. On constate l’injustice de la vie ou nos erreurs : on pensait qu’on s’y prenant comme ça, on réussirait ceci, et on éviterait cela. Et en fait non. On se rend compte de ce qu’on ne pourra probablement jamais réaliser. On se dit que les années sont passées vite, on se demande combien de temps il nous reste pour faire ceci, cela, pour profiter de telle personne. On se demande si on a assez profité. Si on veut toujours de ce qu’on a, si c’était vraiment ça qu’on voulait. On a l’impression qu’il faut passer la seconde pour réaliser ses projets de vie. On se remet en question, on fait le bilan, on n’a plus envie de faire toutes ces concessions.
Et puis on se sent lassé. On en a marre. On en veut à telle ou telle personne, on s’en veut à soi-même. On s’inquiète de l’avenir. On est nostalgique. On est triste.
Alors on veut du changement. On veut retrouver notre joie de vivre, notre pétillement. On veut réaliser enfin ce qu’on a toujours rêvé de faire. En profiter avant qu’il ne soit trop tard. On a une urgence de vivre! On veut arrêter de se prendre la tête pour des broutilles, on commence à se défaire du regard des autres, on lâche prise sur ces trucs qu’on tire depuis des années et qui ne nous apportent pas grand-chose. On a envie de clore ces sombres chapitres de vie qui nous rongent. On veut faire la fête à nouveau, s’émerveiller, jouir de la vie, s’amuser comme quand on avait 20 ans. Et ça tombe bien, en général on a plus d’argent qu’à l’époque donc on peut se faire plaisir!
Attention juste au risque de prendre des décisions radicales sans y avoir bien réfléchi.
Tout le monde n’est pas concerné
Ce n’est ni une maladie ni une fatalité. Cette phase peut être brève comme longue, durer des mois comme des années, commencer à 35 ans comme se terminer à 50 ans.
Tout le monde n’y passe pas forcément, ni en même temps, ni avec la même intensité. Parfois elle peut déboucher sur des troubles psychologiques sérieux, donc mieux vaut être vigilant.
Ça dépend de chaque personne, de son tempérament, de ce qu’elle vit et a vécu, de son entourage, et de la manière dont elle est heureuse et se sent « accomplie » dans sa vie.
Comment bien gérer cette phase?
Dans la limite bien sûr de ses moyens, de la légalité et de la moralité, sans se mettre en danger et sans faire de mal autour de soi, on peut apporter du mieux-être à notre vie!
✤ A commencer par quelques changements simples : changer d’habits, de coupe de cheveux, de décoration, d’alimentation…
✤ Prendre le temps de chercher des solutions à ce qui ne nous convient plus.
✤ Réfléchir à changer de job.
✤ Faire un bilan sain de sa vie et de sa carrière. Considérer les réussites, les bonheurs traversés, les cadeaux de la vie qu’on a reçus. Comprendre les leçons de ce qui n’a pas marché.
✤ Dresser la liste de tout ce qui peut advenir de bon dans le futur, à court, moyen et long terme.
✤ S’organiser pour commencer (ou passer plus de temps à) ce qu’on a toujours eu envie de faire : voyager, se lancer dans une association, un sport, un art, un projet…
✤ Partager de nouvelles activités avec son conjoint, se redécouvrir, pimenter son couple.
✤ Si le couple ne fonctionne plus du tout et qu’après toute tentative de retrouver le bonheur on constate que les besoins et les envies divergent trop, alors se séparer en bonne intelligence.
✤ Passer du temps avec les personnes qu’on aime, surtout nos aînés.
✤ Se faire plaisir, se chouchouter, savourer des moments simples.
✤ Prendre soin de son corps, soigner tout ce qui peut l’être, arrêter les excès, arrêter de fumer. Se remettre au sport : ça, c’est impératif! En se musclant, en fortifiant son corps, on évite les blessures, pensez-y!
✤ Apprendre comment lâcher prise sur ce qu’on ne changera jamais (exemples : son passé, sa morphologie, les autres, certains projets impossibles).
✤ Travailler sur soi pour dépasser les complexes et épisodes de vie qui ont chargé nos épaules et notre cœur toute cette première partie de vie.
Au final, retrouver le goût de la nouveauté, de l’amusement et de la joie!
Et pour toutes ces belles résolutions, pour donner du sens et sublimer notre désir puissant de vivre et d’évoluer, on peut trouver de l’aide et se faire accompagner.
J’en profite pour vous glisser cette citation qui m’a toujours marquée, de l’écrivain George Bernard Shaw : « On n’arrête pas de jouer parce qu’on vieillit. On vieillit parce qu’on arrête de jouer ».